Conditionnement ou automatisme?
Publié : 24/12/2011 10:15
Elisabeth Hurel a écrit cet article que j'ai trouvé extrèmement intéressant, voici donc le contenu:
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Suite à la demande de "mon chien et moi", j'ai essayé de faire un parallèle pour expliquer la différence entre un apprentissage par conditionnement (circuit intuitif) et par construction d'un automatisme (circuit conscient ).
Tout apprentissage consiste à monter des circuits neuronaux qui seront réutilisés automatiquement par la suite.
La retransmission des apprentissages dépendra ensuite de la capacité que l'on aura ou pas, de monter dans chaque activité des circuits neuronaux adéquates, il faut que ces circuits permettent :
- l'intégration consciente des infos sensorielles
- la prise adéquate des repères spatiaux-temporels
- la compréhension fine
- la mémorisation à long terme
- l'expression libre de sa propre pensée
il existe 2 accès, l'un est inné et l'autre se construit lentement en interaction réfléchie avec l'environnement, quand et si celui-ci le permet.
- le premier accès à la connaissance se fait par un schéma intuitif, les infos sensorielles sont directement perçues et traitées intuitivement.
- le seconde accès exige 4 fois plus de temps, l'entrée des infos reste sensorielles, mais les infos sont analysées, on prend le temps de les comparer, d'établir des liens de cause à effet, de but à atteindre, d'obstacle à surmonter à vérifier, bref on met en place des liens logiques qui permettront à l'action initiale d'être plus mesurée et surtout adaptée à une situation nouvelle. Il met en place notre volonté propre.
Les circuits intuitifs sont essentiellement situés dans l'hémisphère droit, les circuits conscients dans l'hémisphère gauche du cerveau.
Fonctionnement du cerveau intuitif :
- traite l'infos de façon globale, il va de l'ensemble à l'élément
- il traite les infos par analogie, donc par recherche intuitive des ressemblances et des différences
- il les intègre par mimétisme
- il les utilise par simple reconnaissance ou application des règles
- il aboutit à l'intuition du sens, non au sens lui même
- il ne peut s'adapter à l'inconnu, il n'est pas autonome car il ne passe pas par le cerveau conscient, il demande donc une phase dite de généralisation pour être appliqué dans des situations ou environnement différents
Fonctionnement du cerveau conscient :
- il va de l'élément à l'ensemble
- analytique il prend du recul par rapport aux affects
- il traite les infos sensorielles pour les identifer et au besoin y chercher du sens
- il procède par lien logique et non par catégorie, il établie des liens de cause à effet, de but, d'opposition, de comparaisons fines …
- il permet de faire des choix autonomes
- mais pour établir toutes ces relations, cela prend du temps
Le second circuit permet l'adaptation aux nouveautés. Quand les infos auront été bien comprises dans leur complexité et intégrées consciemment, elles seront réutilisables rapidement, de façon automatique par le cerveau intuitif. Plus besoin de les analyser à nouveau si elles se représentent dans un contexte variable.
Ex : quand on apprend à conduire on conduit au début très lentement, en réfléchissant à chaque geste. Ensuite on pourra conduire plus rapidement, et de façon plus ou moins automatique.
Quand pour un apprentissage on utilise que le circuit intuitif et rapide, ou qu'on l'utilise avant le circuit réfléchie, on mécanise l'apprentissage. Les apprentissages peuvent être retranscrit rapidement dans des situations normées, de façon très obéissantes, mais la nouveauté laissera désemparé. Parfois cela peut amener à la révolte si l'individu ne supporte pas se formatage.
Comme exemple, le fait de « laisser qq chose » me semble être le plus parlant.
Si on utilise mon approche qui est de demander petit à petit et très régulièrement dès que la situation s'y prête des « tu laisses ? » dans toutes les situations qui se présentent au quotidien, et « c'est bien tu laisses » quand le chien quitte l'objet, la compréhension est plus lente, le chien doit prendre le temps de comprendre la similitude entre les situations, de comprendre quelle est l'action qui engendre le « c'est biiien » , il doit faire une analyse de la situation globale, de l'action.
Mais quand il a compris ce qu'on lui demande et qu'il le fait, il le fait par une action consciente et de sa propre volonté en ayant pleinement conscience de ce qu'il laisse donc ce qu'il perd qq part. c'est pourquoi son apprentissage ne nécessite pas énormement d'encouragement et de félicitation. par exemple, personnellement je dis juste "c'est bien" très rarement une caresse sauf si le chien revient à moi, jamais de friandise ou autre récompense plus forte émotionnellement. pourtant mes chiens y répondent de façon surprenante face à des situations parfois difficiles, et ceci parce qu'ils le font avec conscience depuis le début.
Si tu apprends le « tu laisses ? » avec un aliment a sol et un clicker qui agit quand le chien ne touche pas, et qui engendre une friandise, on utilise le circuit intuitif, rapide. Le chien apprend à laisser beaucoup plus rapidement, presque immédiate.
Mais ceci demandera une généralisation, le « tu laisses ? » de la nourriture sur le sol devra être généralisée aux chiens, à la chasse au lapin qui file sous son nez … etc
il ne pourra pas faire une adaptation immédiate de son apprentissage, il ne sera que plus rarement intériorisé par le chien, qui même après un temps assez long de « tu laisses » face à un lapin, ne le fera qu'à la demande.
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Suite à la demande de "mon chien et moi", j'ai essayé de faire un parallèle pour expliquer la différence entre un apprentissage par conditionnement (circuit intuitif) et par construction d'un automatisme (circuit conscient ).
Tout apprentissage consiste à monter des circuits neuronaux qui seront réutilisés automatiquement par la suite.
La retransmission des apprentissages dépendra ensuite de la capacité que l'on aura ou pas, de monter dans chaque activité des circuits neuronaux adéquates, il faut que ces circuits permettent :
- l'intégration consciente des infos sensorielles
- la prise adéquate des repères spatiaux-temporels
- la compréhension fine
- la mémorisation à long terme
- l'expression libre de sa propre pensée
il existe 2 accès, l'un est inné et l'autre se construit lentement en interaction réfléchie avec l'environnement, quand et si celui-ci le permet.
- le premier accès à la connaissance se fait par un schéma intuitif, les infos sensorielles sont directement perçues et traitées intuitivement.
- le seconde accès exige 4 fois plus de temps, l'entrée des infos reste sensorielles, mais les infos sont analysées, on prend le temps de les comparer, d'établir des liens de cause à effet, de but à atteindre, d'obstacle à surmonter à vérifier, bref on met en place des liens logiques qui permettront à l'action initiale d'être plus mesurée et surtout adaptée à une situation nouvelle. Il met en place notre volonté propre.
Les circuits intuitifs sont essentiellement situés dans l'hémisphère droit, les circuits conscients dans l'hémisphère gauche du cerveau.
Fonctionnement du cerveau intuitif :
- traite l'infos de façon globale, il va de l'ensemble à l'élément
- il traite les infos par analogie, donc par recherche intuitive des ressemblances et des différences
- il les intègre par mimétisme
- il les utilise par simple reconnaissance ou application des règles
- il aboutit à l'intuition du sens, non au sens lui même
- il ne peut s'adapter à l'inconnu, il n'est pas autonome car il ne passe pas par le cerveau conscient, il demande donc une phase dite de généralisation pour être appliqué dans des situations ou environnement différents
Fonctionnement du cerveau conscient :
- il va de l'élément à l'ensemble
- analytique il prend du recul par rapport aux affects
- il traite les infos sensorielles pour les identifer et au besoin y chercher du sens
- il procède par lien logique et non par catégorie, il établie des liens de cause à effet, de but, d'opposition, de comparaisons fines …
- il permet de faire des choix autonomes
- mais pour établir toutes ces relations, cela prend du temps
Le second circuit permet l'adaptation aux nouveautés. Quand les infos auront été bien comprises dans leur complexité et intégrées consciemment, elles seront réutilisables rapidement, de façon automatique par le cerveau intuitif. Plus besoin de les analyser à nouveau si elles se représentent dans un contexte variable.
Ex : quand on apprend à conduire on conduit au début très lentement, en réfléchissant à chaque geste. Ensuite on pourra conduire plus rapidement, et de façon plus ou moins automatique.
Quand pour un apprentissage on utilise que le circuit intuitif et rapide, ou qu'on l'utilise avant le circuit réfléchie, on mécanise l'apprentissage. Les apprentissages peuvent être retranscrit rapidement dans des situations normées, de façon très obéissantes, mais la nouveauté laissera désemparé. Parfois cela peut amener à la révolte si l'individu ne supporte pas se formatage.
Comme exemple, le fait de « laisser qq chose » me semble être le plus parlant.
Si on utilise mon approche qui est de demander petit à petit et très régulièrement dès que la situation s'y prête des « tu laisses ? » dans toutes les situations qui se présentent au quotidien, et « c'est bien tu laisses » quand le chien quitte l'objet, la compréhension est plus lente, le chien doit prendre le temps de comprendre la similitude entre les situations, de comprendre quelle est l'action qui engendre le « c'est biiien » , il doit faire une analyse de la situation globale, de l'action.
Mais quand il a compris ce qu'on lui demande et qu'il le fait, il le fait par une action consciente et de sa propre volonté en ayant pleinement conscience de ce qu'il laisse donc ce qu'il perd qq part. c'est pourquoi son apprentissage ne nécessite pas énormement d'encouragement et de félicitation. par exemple, personnellement je dis juste "c'est bien" très rarement une caresse sauf si le chien revient à moi, jamais de friandise ou autre récompense plus forte émotionnellement. pourtant mes chiens y répondent de façon surprenante face à des situations parfois difficiles, et ceci parce qu'ils le font avec conscience depuis le début.
Si tu apprends le « tu laisses ? » avec un aliment a sol et un clicker qui agit quand le chien ne touche pas, et qui engendre une friandise, on utilise le circuit intuitif, rapide. Le chien apprend à laisser beaucoup plus rapidement, presque immédiate.
Mais ceci demandera une généralisation, le « tu laisses ? » de la nourriture sur le sol devra être généralisée aux chiens, à la chasse au lapin qui file sous son nez … etc
il ne pourra pas faire une adaptation immédiate de son apprentissage, il ne sera que plus rarement intériorisé par le chien, qui même après un temps assez long de « tu laisses » face à un lapin, ne le fera qu'à la demande.